Le Perroquet, animal sauvage de compagnie

Perroquet, par SerelyArtworks

Perroquet, par SerelyArtworks

Le Perroquet, entre vie sauvage et vie en cage, captivité et liberté…

Des Sons et des Couleurs dans les arbres

Conure soleil -  Crédit : Silvervulpine

Conure soleil –
Crédit : Silvervulpine

Le perroquet et la perruche sont des oiseaux du genre psittacidés, arboricoles et diurnes, avec comme points commun un bec crochu, en opposition aux becs droits – les canaris. Communément, on parle de perruche pour un petit psittacidé, et de perroquet pour un gabarit plus large. De façon générale, la taille n’importe pas vraiment : la perruche se distingue par sa capacité à « siffler » et à chanter de jolis airs (ou pas jolis, mais dans sa petite tête, elle chante) et le perroquet par un cri plus fort, moins mélodieux, et la capacité à saisir des objets dans ses pattes. Ainsi, la conure (à joues vertes, soleil, molinae…) par exemple est bien un perroquet malgré sa petite taille (20 à 30 cm de long).

Conure à joues vertes - Mutation ananas  Crédit : SerelyArtworks

Conure à joues vertes – Mutation ananas
Crédit : SerelyArtworks

On pourrait trouver d’autres critères pour les différencier, mais trop de points communs les rapprochent pour établir une séparation nette et sans équivoque. Tout d’abord, dans la plupart des cas, un plumage coloré, voire très coloré, un bec puissant fait pour briser la coque des fruits secs, des pattes longues aux doigts agiles et préhensiles, une voix puissante, aussi bien pour le chant que les cris d’appel et des comportements sociaux très élaborés.

Les deux mandibules du becs sont articulées indépendamment, ce qui leur donne une grande force dans le bec, et une certaine agilité aussi. Leur langue leur sert de « doigt », pour toucher et découvrir un nouvel objet. Ils vont le prendre dans le bec, le faire tourner, tout en explorant du bout de la langue à la recherche d’une faiblesse, d’une ouverture. Le bec, puissant, les pattes très agiles, et leur souplesse en font – dans la plupart des cas – d’excellents grimpeurs. Certains perroquets passent plus de temps à escalader et à faire des acrobaties qu’à voler! C’est le cas de mon conure à joues vertes, qui n’aime pas trop voler mais qui se pend tête en bas par une patte et qui se paie le luxe de se balancer en prime… Il ne vole que pour bouder. La longueur de la queue est un bon indicatif du temps de l’oiseau passer à voler : plus elle est longue, et plus l’oiseau a pour habitude de voler.

Les perroquets vivent en communauté, en groupe plus aux moins grands, parfois de plusieurs dizaines d’individus. Au sein de cette colonie se constituent des couples : un perroquet est monogame, et peut rester avec son compagnon de vie… toute sa vie. Plus l’individu est haut hiérarchiquement, plus il sera haut dans l’arbre et donc à l’abri des prédateurs. Les rôles sont répartis indépendamment du statut social : on observe entre autre le/les guetteurs qui préviennent le groupe lorsqu’un prédateur se pointe, le « chef » qui goûte et s’installe en premier. Ils aiment le soleil, le célèbrent à chaque levé, et appellent leurs congénères à chaque coucher. Ainsi, chaque aurore est une cacophonie de cris, de chants et d’envols colorés. Le bain, le repas, la sieste et la toilette sont due grande part des activités des perroquets, néanmoins la recherche de nourriture est leur activité principale. Très propres, ils passent énormément de temps à se lisser les plumes… et demandent de l’aide aux copains pour se faire, c’est l’instant câlin.

La colonie ne dépend pas d’un territoire particulier. Mis à part la saison des petits, la colonie est mobile et vagabonde d’arbre en arbre à la recherche de nourriture et d’eau. Évidemment, la déforestation et la colonisation des forêts par l’homme les met en danger : près d’un tiers des espèces de perroquets sont menacées. La cohabitation n’est pas des simples non plus, comme les singes, les perroquets sont chapardeurs et malins, et peuvent faire de gros dégâts aussi bien dans les champs que dans les ville.

C’est le cas de Madrid, où la population de perruches à collier d’Asie semble bien s’y sentir. Cette espèce prolifère, n’ayant pas peur du contact avec l’homme, elle chaparde, fait du dégâts et chasse les espèces d’oiseaux locaux. La perruche à collier n’est pas originaire d’Espagne, mais un engouement pour cet animal – aussi éphémère que massif – a provoqué un afflux massif sur le territoire. Les propriétaire, lassés, s’en sont débarrassés… Et les voilà qui se reproduisent!

Captivité, entre merveilles et dérives…

Le perroquet est aujourd’hui considéré comme NAC, ou Nouvel Animal de Compagnie. Auparavant, la perruche et le perroquet étaient de jolis petites choses postées dans des cages rondes -quelle horreur… – en décoration. Aujourd’hui, le grand public commence à se rendre compte de la merveille de cet animal extraordinaire…. Souvent aux dépends de tout le monde.

Un « animal de compagnie », le terme me parait peu approprié. Un animal équilibré est relativement indépendant. Il fait sa vie d’oiseau et c’est de son plein gré qu’il intègre son compagnon humain dans ses activités. Lorsque l’oiseau fait ce choix-là (car il le fait, et on ne peut pas le forcer, croyez moi) il associera les membres de la famille à un rôle de « colonie » : le guetteur, le « chef », tentera de trouver sa place au sein de sa nouvelle colonie. Son intelligence est très vive, et il reproduira les comportements familiaux, bons comme mauvais. Il comprendra des choses, même si parfois, on a du mal à comprendre ce qu’ils comprennent : par exemple, si un comportement humain lui semble incompréhensible, il en tirera des conclusions « d’oiseau » et c’est compliqué de savoir à quoi ça l’a mené…) Ils sont très sensibles aux émotions humaines, la communication se fait autant à l’oral que par le corps, et sont très réactifs à ce qu’on émet.( Je me suis déjà fait mordre en me disant « mais qu’est-ce qu’il a à être aussi énervé, celui-là? » avant de réaliser que l’énervée, c’était moi!) La longévité des perroquets est longue… 15 ans pour les plus petites, jusqu’à 80ans pour les aras!  C’est donc un nouveau membre de la famille qu’on accueille chez soi, avec une mentalité très différente de la notre.

Tendre moment avec une perruche à collier  Crédit : Momotte

Tendre moment avec une perruche à collier
Crédit : Momotte

Nouer une relation avec un perroquet est extraordinaire. Il vous accorde sa confiance, vous lui accordez la votre (vous avez vu la force du bec! vous avez plutôt intérêt à cette relation de confiance). Vous apprivoisez l’animal, vous le ne dresserez JAMAIS. Tout ce qu’il fait, il le fait de son plein gré, pour vous, ou par intérêt personnel (pas con, le coco, si il n’a même plus besoin de se fatiguer pour trouver des gourmandises….) Il partage de grands moments de complicité, parfois de tendresse… Il a ses humeurs, et vous les vôtres, et vous apprenez à vous connaitre au jour le jour. Des coups de colères, d’agacements, de folie peuvent arriver des deux côtés. Mais pour que cette alchimie prenne bien, il faut être bien informé soi-même, et que l’animal soit bien équilibré.

Oui, mais c’est quoi un coco bien dans ses baskets? On le trouve où? Pas en animalerie. Souvent sevrés trop tôt, bien trop jeunes, les becs crochus sont soumis à un stress énorme – transport, circulation de personnes, changements divers de soigneurs – et peuvent tomber malades aux contacts de congénères pas bien propres. De toute façon, ils arrivent bébés dans des endroits inconnus, et ce stress restent imprimés toute leur vie en filigrane dans leur petite tête. Pas bon karma ça. De même, chez certains éleveurs, l’élevage EAM – Elevé à la Main – peut provoquer un stress et une crise d’identité chez le petit, qui ne sait plus s’il est humain ou oiseau. Ce stress peut provoquer diverses choses, dont le moindre mal reste une anxiété de l’animal face à l’inconnu, en passant par des cris d’inquiétude, le piquage et une agressivité exacerbée. Le piquage est une pratique d’auto-mutilation : l’oiseau s’arrache les plumes.  Quant aux agressions, les morsures sont les plus communes, surtout aux mains, mais peuvent aller jusqu’au visage, voire aux yeux…

"Qu'est-ce que tu cherches, dis?"  Crédit : Momotte

« Qu’est-ce que tu cherches, dis? »
Crédit : Momotte

Une fois votre nouveau compagnon chez vous, gare à l’ennui, à la mauvaise éducation et la mauvaise alimentation! Ils sont si intelligents, ils ont besoin qu’on leur consacre énormément de temps, et d’avoir tellement d’activités… L’ennui et la mauvaise nourriture les tuent. Les perroquets sont bruyants et destructeurs. Il faut penser « perroquet » lorsqu’on les éduque. S’ils rongent tout les meubles, donnez leur des morceaux de bois pour qu’il s’occupent le bec. Ils ont besoin de crier au coucher et au levé de soleil, et parfois, ils crient lorsqu’ils ont besoin d’attention. Peut-être que, sans le vouloir, vous leur avez appris à crier pour réclamer quelque chose. Pour des conseils d’éducation, il existe d’excellents forums francophones où les membres sont très réactifs et vous donneront de bons conseils pour comprendre votre nouveau membre de la famille à plumes…

Joueurs, les perroquets aiment faire des « blagues », s’intégrer à la famille en s’associant avec un membre dont il estime le statut proche du sien, et sera exclusif pour certaines choses, notamment pour les très gros câlins. S’adaptant au langage dominant du groupe dont ils font parti, il est possible qu’ils apprennent le langage humaine, ou à siffler des airs. Le mien peut polémiquer un moment sur le fait d’aller au dodo, par exemple :

« Bonne nuit Banjo… » « non pas  bonne nuit Banjo. Bonjour Banjo » « non, bonne nuit Banjo. Dodo » « Dodo fait chier. Bonjour Banjo ».

Vous remarquerez qu’on est loin de l’image « répéter bêtement » du perroquet!

Dans le genre facéties : Un perroquet peut aimer jouer à cache-cache avec vous (en physique ou avec des objets), faire des concours d’insultes … les noms d’oiseaux, vous connaissez? S’il est agacé, il peut sortir tout son répertoire de mots négatifs du genre « vilain » « fait chier ». Imiter la sonnerie du téléphone ou le cliquetis en métal de la boite à graine, ou apprendre à siffler la marche impériale de Star Wars. Ou apprendre à danser le head banging! Les possibilités sont illimitées, comme leur imagination et la votre! Bien entendu, les moments gênants sont légions : « regardez, c’est Coco, mon perroquet! il sait chanter/parler/danser/éplucher une orange en récitant l’alphabet (pourquoi pas?) » et bien entendu, votre Coco d’amour …. ne fait rien. La gravité est relative, elle a BESOIN d’être expérimentée avec tout plein d ‘objets. Tous, de préférences. Voire si tous tombent, et s’ils font le même bruit…

Mais réfléchissez bien avant de craquer pour un animal qui est psychologiquement aussi avancé qu’un enfant de 3ans, voire 8 ans pour les plus intelligents. Grosse responsabilité, n’est pas?

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